Mon trou
Le 09/09/2005
par Glaüx-le-Chouette
Je voudrais te découper, te torturer la chair, te labourer la peau, faire toutes ces saletés si banales, tous ces clichés. J’aimerais ressentir ces grandes exaltations romantiques, ces émotions débiles que je connais trop déjà, que j’ai appris à ne plus connaître. Te buter la gueule, te déchirer, te défigurer pour cesser de voir ton visage, te faire souffrir, tout ça bien sûr pour me faire mal à moi-même, et gna et gna et gna.
Mais non. Je me tords en toi, en silence, et je ne te fais rien, et je te laisse vieillir.
J’aurais pourtant voulu t’arracher tout ça. J’ai moi-même étalé tant de matière sur ton corps vide et froid, autrefois, de mes mains, de toutes mes forces, pour t’habiller, te faire vivre. Mais à présent tout est fini, et tu ne signifies plus rien : j’aurais voulu refaire de toi un trou, un néant, un vide, un creux froid, même pas froid, insensé, inepte, insensible et neutre, mais déjà comme rebutant.
Mais je te laisse tes oripeaux, même faux et monstrueux ; je te vomis, mais je te laisse vieillir, dans tes habits de pute abandonnée.

T’entretenir ? Langer un enfant mort. Te détruire ? Me détruire, jeter mon passé. Je devrais m’arracher la peau, avant de pouvoir passer à la tienne, vider ma poitrine de ses organes, jeter la matière de ma cervelle aux ordures, avoir senti tous mes nerfs se rompre un à un, être sûr de n’être plus ce que je suis, ce que je sens, de ne plus pouvoir aimer ce que j’aime, avant de te replier, toi, l’externe, le second et l’optionnel, et de reprendre tout au grand blanc, à la première marge.

Alors je te laisse vieillir. Golem au front lisse. Et la vermine arrive. Des vers de bois, dans les plinthes, hier. Et les mille-pattes depuis deux mois, sous l’évier, et les cafards qui craquent sous le linoleum.

Si tu savais comme je t’aime.
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= commentaires =

nihil le 09/09/2005 à 23:24:20
Au moins c'est plus bourrin que les merdasses tièdes sur sa bite et sur sa main. L'un dans l'autre j'aime assez. Mais seulement l'un dans l'autre hein.

Commentaire édité par nihil.
LaHyenn le 09/09/2005 à 23:49:15
C'est toujours bien écrit, pas à dire.

Mais ça fait très effet de style du mec qui a rien à dire alors parle de son cul.

Un peu vide de sens je trouve
Bertha le 10/09/2005 à 00:06:03
En même temps c'est normal qu'un cul ait un trou hein ?
Narak le 10/09/2005 à 10:53:23
Sauf qu'en fait il ne parle pas de son trou de balle mais de son appartement...ça vous arrive souvent de poser du linoleum dans votre trou de balle vous ?
nihil le 10/09/2005 à 11:13:19
en rouleau de trois mètres de long et 30 cm de diamètre... oui.
LH le 10/09/2005 à 18:28:11
BAh il habite dans son cul non ?

Bref, pourquoi pas hein... Juste je trouce que s'est gacher ses talents littéraires, voila tout !
C'est une impression purement personnelle d'un mec qui n'en a pas aussi.
Nounourz le 10/09/2005 à 19:37:45
Je me disais aussi, pour un texte parlant de trou du cul, il m'était particulièrement hermétique...

merci narak pour ton explication.

Maintenant que je sais cela, je trouve le texte plutot chouette, comme son auteur, hahaha.
Lapinchien le 12/09/2005 à 21:36:53
ce texte m'a filé la haine, je peux pas en faire un commentaire élogieux.
nihil le 12/09/2005 à 21:54:43
Pourquoi, toi aussi t'as un appartement ?
Lapinchien le 12/09/2005 à 22:04:03
ben la haine du narrateur est communicative.C'est surement la preuve que c'est un bon texte mais là j'ai envie de dire des insanités comme pigeon ramier.
Glaüx-le-Chouette le 12/09/2005 à 23:06:11
C'est vrai que ça ferait une bonne conclusion.


"Si tu savais comme je t'aime pigeon ramier."




(et je suis content des commentaires comme une loutre dans les bûches à Disneyland)

Pour le lino, je préfère quand on prend la peine de retourner le rouleau et de mettre le côté colle à l'extérieur. Avec du gravier.
Nounourz le 13/09/2005 à 00:05:07
(ou du verre pilé)
Glaüx-le-Chouette le 13/09/2005 à 00:25:42
Je préconise aussi la laine de verre, pour rester dans le thème "appartement".
nihil le 13/09/2005 à 09:18:28
Sinon y a les poutres porteuses grand style rustique en chêne verni.
Narak le 13/09/2005 à 18:07:14
Et des papiers peints à pois, et des moulures style rococo, et une cuisine design en forme d'oeuf de marmotte ! Mais putain on est chez ART&DECO MAGAZINE ou quoi, bordel de pute en amiante !!!
nihil le 13/09/2005 à 20:23:34
Les papiers peints à pois c'est trop mou pour se les foutre dans le fion, alors que les poutres porteuses...
Glaüx-le-Chouette le 13/09/2005 à 20:34:48
Les poutres porteuses ont l'avantage inénarrable des échardes.


Et la section carrée. Ca change un peu.
nihil le 13/09/2005 à 20:54:50
a me rappelle des sales souvenirs de maternelle où j'arrivais pas à rentrer ces putains de pièces cubiques dans ces putains de trous ronds, c'était gonflant !

Commentaire édité par nihil.
Abbé Pierre le 13/09/2005 à 21:23:54
Fallait d'abord se les foutre dans le cul ou celui d'un camarade de classe, ça passait mieux après.
Pour les losanges c'était plus chiant parce que ça restait coincé. D'ailleurs depuis, j'ai le fion en étoile
Glaüx-le-Chouette le 13/09/2005 à 22:18:57
Ca coinçait parce que t'étais un puceau timide de l'anus. Mais la solution c'était de pousser le losange avec une autre pièce, et hop, dans le rectum, débarassés, et on pouvait passer à un autre jeu.

Nous on faisait des tractopelles en mécano, pour faire des tractopelletouzes.
Abbé Pierre le 13/09/2005 à 22:22:13
Avec les K-nex c'était pas mal aussi surtout quand on rajoutait le moteur au crabe. Mais c'est pour les gens plus âgés parce qu'il marchait sur les parois intérieures de l'anus.
Comme si on se faisait enculer par Spiderman, c'était la classe.
Abbé Pierre le 17/03/2006 à 21:30:23
Il manque le "dans", dans le titre.
C'est le secret du réalisme.
Glaüx-le-Chouette le 17/03/2006 à 21:33:12
C'est cruel, mais je dois avouer que je PUTAIN MAIS VA TE FAIRE METTRE !
Cuddle le 15/01/2008 à 14:42:28
J'l'ai lu et j'l'ai trouvé sympa...Y'a pas à dire, y'a du style...
H le 17/01/2008 à 19:20:02
" C'est dans un trou comme ça
dans l'inné d'l'essaim
qu'on crache un destin"

Tu connais cette citation ?
Lol47 le 17/01/2008 à 20:54:29
En 2005, date butoir dudit texte, je n'étais qu'à 1,5g.

Bon,depuis...
EvG le 20/06/2008 à 01:56:41
Ah oui ! Le thème abordé est en effet le même que dans "Son trou", et les similitudes sont bêtement présentes puisque sans elles, il n'y aurait matière à parler de ces fameux trous.
Ayant été informé ailleurs du contenu du texte, je n'ai pas eu la surprise de me faire pénétrer par le sens tel une vierge appétissante. Pourtant ça a marché... A cause du thème ?
C'est agressif en quelque sorte, c'est touchant je ne sais où.
Dire que c'est un peu précieux ne serait qu'une remarque inutile puisque cela ne nuit pas au fond du texte. Je m'abstiens donc. Cependant, l'aspect vilainement tapette de : "Te détruire ? Me détruire", a brisé le rythme de ma lecture.
Quant à l'évocation du Golem, je ne sais que dire, c'est la seconde brisure qui vite est oubliée avec les derniers mots.
J'aime assez ce genre de textes courts, mais orientés sur une certaine "efficacité" (flemme de trouver un autre mot).
Glaüx-le-Chouette le 20/06/2008 à 01:58:40
Putain le Golem au front lisse moi je l'aime bien, tu fais chier.
EvG le 20/06/2008 à 02:02:13
Quand je dis que je ne sais que dire, c'est plein de sens. Ca m'a paru étrange mais pas inacceptable. D'ailleurs, j'ai failli écrire que je ne savais pas si j'aimais beaucoup ou pas du tout. Après une courte réflexion, je me suis dit qu'une telle remarque n'aurait aucun intérêt. Maintenant c'est fait.
EvG le 20/06/2008 à 02:03:59
Et après une réflexion plus longue, je dois avouer trouver le parallèle très classe.
***Très franchement, maintenant je comprends pour quoi la brisure. C'est que ça a fait tilt, ça a tapé juste et je dois avouer être plutôt jaloux de ne plus pouvoir faire cette élégante trouvaille un jour.***

commentaire édité par EvG le 2008-6-20 2:8:20


commentaire édité par EvG le 2008-6-20 2:21:42

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[ Il est fatigant ce Glaüx quand il s'y met. Voici un nouveau poème en prose parabolique à double rétropropulsion inverse, qui décrit quelque chose sans vouloir dire quoi. Non ce coup-ci, après sa bite et sa main ce n'est pas de son genou, de son oeil ni même de son sphincter qu'il s'agit, mais il parait qu'il faut pas le dire. On a qu'à jouer au schmilblick, en commentaires. ]

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