J'ai vécuQuinze ans enroulé dans un matelas Quinze ans à fréquenter les acariens
- Qui sommes nous chéri?
- Rien, chérie, rien. Je t’explique Supposons que toi et moi on décide de sortir ce soir à prendre un verre… et supposons que, exceptionnellement, on ne prendra pas la voiture mais le tram plutôt. Comme un jeune couple d’étudiants amoureux, non? - Si, si… - On suppose toujours… - Oui… - On est beaux et pimpants : moi en costume pingouin et toi dans une magnifique robe de soirée. On va prendre le tram. Mais là juste au moment où on atteint la station voilà que j’écroule. D’un coup. Mon cœur en aura juste marre de se battre. Penses-tu qu'on aurait l'air con… - Je ne sais pas. - Tu ne sais pas Je ne sais pas Nous ne savons pas grand-chose mon amour On ne se doute de rien La mort est un piano noir qui lâche en plein déménagement Et quand ça nous tombe dessus on se dit : « ah ok j’ai compris » Et On a toujours l'air plus con A crever dans un clic-clac Ikea Allez together chérie : Ikea, un anti-mort Le maquillage, un anti-Mort Les jeans, un anti-Mort Les boîtes de nuit, un anti-Mort Ray-Ban, un anti-mort Le foot L'odeur du café, un anti-Mort La gomina, un anti-Mort La clope un anti-Mort Eastpack, Nike, Levi's Tes cheveux flottants dans l'air, Tes yeux fermés quand tu m'embrasses, un anti-Mort La barbe de deux jours, Les pattes d'ef Ta clope au bec, Tes yeux plissés Le caviar, Les yachts, Les surenchères, les porte-jarretelles, Les soldes, un anti-Mort Un bouquet de roses, un anti-mort Bon Supposons cette fois qu'on prend notre belle 406 Tu es belle, plus belle que toujours Tu as même relevé tes cheveux comme j’aime Et voilà juste avant qu’on arrive à ce fameux gala Tu fermes les yeux et tu t'endors sur mon épaule Je te secoue Rien Je t’appelle Rien Je te gifle Rien Rien La dernière chose que tu auras aperçue sera ta belle frimousse dans le rétroviseur piquetée par les gouttes de pluie et le rictus de la lune... Non chérie on vit pas comme on meurt Ca n’a rien à voir Ce sont deux façons de faire très différentes Encore ce matin j'ai contemplé ton visage au-delà de ta beauté au delà de l'amour que je porte pour toi T'explique J'ai fixé ton nez En l' imaginant pincé par une pince à linge Et je me suis dit qu'il suffit d'une pince à linge sur ton joli nez retroussé Pour que tu ne sois plus Une pince à linge Et fini ta tendresse Une pince à linge Et fini le port des bas Une pince à linge Et fini l'amour Une pince à linge Et "yok" la levrette Une pince à linge Et tu passeras de l'autre côté De l'autre côté du comptoir Une jeune femme me toise étrangement Pourtant j'ai accroché mon charme sur le porte-manteau, rangé ma sensibilité dans mes poches Tout ce qu'elle voit là Est un spectre Des restes de quelque chose Elle a des yeux de grenouille Immenses Elle m'aime déjà Moi Je me demande combien de giclés de foutre s'est-elle prise sur son visage d'ange ce matin Allez Après moi chérie : Faudrait multiplier Les éjac' faciales Les fessées Les fouets Les gros mots L'étirement de cheveux Faut que ça se heurte Faut que ça claque Des accidents de chairs Plus de fêtes Oui Un festival de la chirurgie… A l'aube Des F16 ont surgi derrière cette montagne verte Et ils ont mis le feu dans la vallée Je rêvais d'un pays Politiquement correct Un pays Où les enfants souriaient des matins de joie Et les hommes avaient un parfum de jasmin J’ai rêvé de mères cuisinant leurs cœurs Avec un regard de braise J’ai rêvé d’une terre où poussent les fleurs Avec une odeur de silence J'ai rêvé d'un amour de récréation Toi et moi Main dans la main Sur un banc De la maternelle A écouter les moineaux Dans les platanes Chanter le blues
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= chemin == résumé =[ Putain ce que ça peut être gonflant ces retour-lignes aléatoires qui sont supposer transformer un texte vaguement sentimental et un peu pervers en chef d'oeuvre moderne. De la littérature prétentieuse, qui en plus n'hésite que peu à se vautrer dans l'absurde et n'apporte rien, mais rien rien, au lecteur. Mauvaise pioche. ] |