[message de l'administrateur : cette page fait partie de la Zone (http://zone.apinc.org), site à vocation humoristique. Le texte qui suit ainsi que les commentaires sont à interprêter comme de l'humour (ça parait évident au vu des méthodes de suicide fantaisistes décrites par l'auteur). Vous ne trouverez aucun conseil sérieux pour se suicider sur cette page. Si c'est ce que vous cherchiez, faites demi-tour. Si l'humour vous intéresse, vous êtes le bienvenu. Le texte comme le site est toutefois fortement déconseillé aux âmes sensibles, notre humour étant volontiers agressif et cynique.]
Vous voulez mettre fin à vos jours pour une raison x ou y : votre femme vous a quitté, vous avez perdu votre boulot, vous n’avez pas d’amis, l’ignorance de vos concitoyens vous déprime, Sarkozy vous emmerde, Internet vous les brise, votre poche intestinale se fait la malle, rien ne vous fait vibrer et vous vous êtes convaincu qu’il valait mieux pour tout le monde que votre pauvre carcasse vide aille jouer aux morpions au fin fond d’un cercueil. Peut-être même que, soudain traversé d’une hargne sans nom, vous vous êtes adressé à la terre entière dans la médiocrité de votre appart’ insalubre, la conspuant et la maudissant avec des termes d’une affligeante banalité et selon un raisonnement primaire et foncièrement paranoïaque.
Oh, mais je ne vous blâme pas. Sans doute avez-vous des circonstances atténuantes, dépressif de merde que vous êtes. Alors pour vous, mes p’tits mous, vous qui voulez crever mais n’osez pas vous jeter d’un trentième étage, voici une méthode douce et indolore mais d’une efficacité chirurgicale. Testée et approuvée par un lointain membre de ma famille, qui, au bout de 33 ans, 6 mois et 19 jours d’obstination, a réussi à berner le destin en prononçant ces derniers mots, lumineux : « Je choisis ma mort et contrôle ainsi ma vie. » Il ne se prenait pas pour le premier étron venu, le vieux. 1) Eteignez le radiateur. Mieux : débranchez-le, débarrassez-vous en. Vous n’en avez plus besoin. Vous n’avez qu’à le donner à votre vieille maman qui souffre de rhumatismes. Ah, j’oubliais… Elle est morte, ou vous n’en avez jamais eu. Vous êtes une larve et vous êtes seul au monde. 1) bis. Si vous vous chauffez au gaz, j’en profite pour vous rappeler que sniffer tranquillement du gaz en s’endormant, c’est pas mal non plus, dans le genre apaisé. Expéditif tout pareil, mais bien plus rapide que la méthode de mon aïeul. Mais bon vous êtes une couille molle et vous aimez procrastiner. Mauviette, va. 2) Ouvrez toutes les portes et fenêtres. Laissez le vent prendre possession de votre foyer de merde. De toute façon, c’est un trou à rat, un claque puant. Ca ne peut pas faire de mal, un peu de ventilation. A la réflexion, brisez les fenêtres et virez les portes. Comme ça, vous ne serez pas tenté de tout refermer. Le but, c’est d’avoir froid, de se geler les miches, se congeler les glaouis. Plus vous aurez froid, plus vite vous serez mort, c’est une évidence. 3) Réglez le frigo à fond et ouvrez-le. Installez une chaise métallique juste devant, histoire de passer le plus de temps possible devant ce courant glacé. La nuit, dormez dedans. Si vous ne rentrez pas - vous êtes vraiment une chochotte - démerdez-vous pour y caler au moins vos p’tits petons. Avec un peu de chance, vous aurez même des engelures. Je sais que vous refusez catégoriquement de souffrir, dépressif eunuque que vous êtes, mais ce genre de petits tracas vous empoisonnera l’existence de façon à vous miner le moral. Ca peut accélérer le processus. 4) Virez toutes vos fringues. Dorénavant, vous ne vous habillez plus. De toute façon, vous ne sortez plus de chez vous puisque personne n’a envie de vous voir, espèce de parasite. Voyez au moins le bon côté : vous ne serez plus confronté au regard des autres et vous leur épargnerez en retour le spectacle écoeurant de votre corps difforme et sans intérêt. Bannissez également de votre quotidien draps et couvertures, couettes, housses, oreillers. Jetez les nappes, les tapis, les batiks et autres bogolans, dégagez la moquette. Si vous n’avez pas encore éternué à ce stade du traitement, rasez-vous donc la tête et les poils, puis prenez une douche froide. J’espère que vous avez pensé à jeter les serviettes. 5) Surveillez bien votre alimentation : rien de chaud ne doit franchir vos lèvres. Il faut vous refroidir. C’est votre but dans la vie. Pour un peu, ça vous donnerait une raison de vivre, foutu pisse-froid de mes deux. Mangez des glaces et des yaourts. Suçotez un glaçon au premier gargouilli de votre estomac affamé, ne buvez rien qui ne soit glacé, mettez-vous au Mr Freeze. 6) (facultatif) Si vous habitez quelque part où il fait chaud, ne soyez pas bégueule : cassez la tirelire et déménagez à Lilles ou à Roubaix. Si vous avez commencé à appliquer La Méthode Douce (Registered Trade Mark) en été, vous perdez votre temps, abruti que vous êtes. Prenez des vacances dans un autre hémisphère, à toutes fins utiles. Un camp naturiste en Terre de Feu, par exemple. L’intérêt de cette méthode, c’est bien sûr son caractère inéluctable. On est sûr d’y rester. Tôt ou tard, un jour ou l’autre, vous passez l’arme à gauche. Et le tout sans douleur. Vous verrez qu’au bout de quelques semaines de ce régime, vous serez tellement bleu et engourdi que vous ne sentirez plus rien. Avec vos quarante-douze de fièvre, vous aurez l’impression de flotter dans un petit nuage rose, délirant et lubrique - petit canaillou - et la mort viendra gentiment vous cueillir au milieu d’un orgasme. C’est tellement bon que ça devrait être réservé à une élite. La semaine prochaine, dans « Il faut se suicider malin », nous montrerons comment accrocher une fourchette au-dessus de son lit pour mourir efficacement et de façon totalement imprévisible.
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