[message de l'administrateur : cette page fait partie de la Zone (http://zone.apinc.org), site à vocation humoristique. Le texte qui suit ainsi que les commentaires sont à interprêter comme de l'humour (ça parait évident au vu des méthodes de suicide fantaisistes décrites par l'auteur). Vous ne trouverez aucun conseil sérieux pour se suicider sur cette page. Si c'est ce que vous cherchiez, faites demi-tour. Si l'humour vous intéresse, vous êtes le bienvenu. Le texte comme le site est toutefois fortement déconseillé aux âmes sensibles, notre humour étant volontiers agressif et cynique.]
A tous les paumés, les losers, les mauviettes, dépressifs, sans couille et suicidaires, à tous ceux qui s’évertuent à dépasser leurs angoisses, à maîtriser leurs pulsions et à vivre une vie de merde tout ce qu’il y a de normale, à ceux qui prennent bien comme il faut leur pilule à l’heure dite, puis se répandent de brefs quarts d’heure face à des parpaings humains qui touchent cinquante euros la séance, à ceux qui se font baiser jusqu’au trognon au point de se forcer à exister alors que chaque particule de leur être, la moindre de leurs pensées les poussent à souhaiter crever. Ce texte, chers amis, je l’écris pour vous.
Vous êtes sur la Zone, un site à vocation vaguement littéraire et à l’esprit foutrement mal placé. Si vous venez chercher une oreille attentive à vos problèmes personnels, sachez qu’ici personne n’en a rien à secouer. Votre conjoint vous a largué ? On s’en fout. Vos parents viennent de passer l’arme à gauche dans un incendie, un accident, une inondation ? On s’en fout. Vous avez perdu votre super boulot ? Mieux encore, on vous a jeté de ce boulot de merde tellement pourri que, chaque matin, en allant bosser, vous vous êtes répété encore et encore que vous n’étiez qu’un résidu de fiente desséchée, tandis que votre exploiteur de patron prenait à vos yeux bovins des allures de sainteté parce que, dans sa grande mansuétude, il a osé s’abaisser à vous embaucher ? On s’en fout aussi. Vous prenez du speed, du shit et de la beuh, vous sniffez tout ce qui passe à portée de narine, vous injectez héro ou morphine, croquez champis, sucez buvards, et la spirale infernale dans laquelle vous vous êtes engoncé de vous-même n’en finit plus de tourner ? On s’en tamponne le sternum. Peut-être quelque tare psychologique pour compliquer la situation ? Une pincée de paranoïa, deux doigts de schizophrénie, un terrain légèrement dépressif, une splendide collection d’idées noires et de persistantes insomnies ? On s’en branle, vous dis-je. On s’en tripatouille l’intestin grêle à coups de tringle à rideau. Vous n’avez pas d’amis, et pour cause : votre sale gueule ferait fuir le plus hideux des trolls de Peter Jackson, vous êtes puceau et votre acné vous fait vomir ? Votre conversation rappelle la logorrhée d’un poteau télégraphique ? Votre apathie sert de repoussoir à quiconque pourrait avoir la curieuse idée de s’intéresser à vous ? Vous n’avez même plus l’énergie de donner le fameux coup de pied qui permet de remonter à la surface une fois qu’on a touché le fond ? Tout ça et tout ce qui vous concerne occupe dans notre esprit l’importance d’un grain de sable perdu dans une meule de foin dont a jeté la clé au fond de ton cul. Si vous avez lu le topo de présentation du site et si vous n’êtes pas la moitié d’un con - ce dont je ne peux que douter, vu la nature de mes sentiments quelque peu mitigés vis-à-vis de l’espèce humaine - alors vous savez à quoi vous en tenir. Ces chroniques sur le suicide relèvent-elles du sarcasme et de second degré ? Je n’ai même pas envie de répondre. Pour la forme, je dirai non, tout est vrai, je veux que les gens crèvent et j’estime que n’importe quel connard possède le droit inaliénable de hâter son départ. Si je pouvais juste les convaincre de me léguer leurs trois fifrelins avant de sauter, de se pendre ou de se dézinguer le caisson, je serais un homme comblé. Vous ne savez pas et ne pouvez pas savoir si je me contente de dégobiller ma colère et ma haine du genre humain pour pallier un manque d’affection, une situation financière catastrophique ou une maladie incurable. Je suis peut-être le PDG de Total-Elf-Fina, d’Airbus ou de Renault. Et je me gausse. Putain de chiffes molles d’employés mollusques qui en viennent au suicide parce qu’on leur a refusé un arrêt-maladie ! Ah, c’est sûr, c’est facile de se tuer. Mais arriver à l’heure au bureau, ça, ils savent pas faire. On peut aussi supposer que l’écriture de ce torchon constitue pour moi un véritable coup de pied au cul parce que, forcément, moi aussi, j’y songe, au suicide. C’est un peu tiré par les cheveux de la perruque, mais de toute façon vous n’aurez aucun indice. Partons du point de vue que je vous hais, vous méprise et vous conchie. Les raisons importent peu, alors allez vous faire foutre et penchons-nous un peu sur la méthode. Elle est censée être violente aujourd’hui, mais je vais la jouer sobre. N’espérez pas que je vous sorte un bricolage totalement inventé de mon chapeau magique. Je m’en tiendrai à des valeurs sûres et passerai en revue ce que tout le monde sait déjà. Le classement proposé ne présente aucune valeur d’objectivité et n’a rien d’une liste exhaustive. Je pose les mots comme ils viennent et je vous emmerde. UNE BALLE DANS LA CAFETIERE : Esthétiquement, ça le fait. En tant que cinéphile chevronné, j’affirme haut et fort qu’il s’agit là de l’acte suicidaire qui passe le mieux à l’écran. La main bouge toujours trop vite et la détonation ne laisse pas de nous surprendre alors qu’on s’y attend à tous les coups. Et pourtant, PAN ! Une volée de réalité dans ta gueule : t’es vivant, l’instant d’après, t’es rien. Le tout dans une fantastique gerbe de sang. Que demande le peuple ? Faut pas oublier non plus le côté glamour, le fétichisme des armes à feu, la forme phallique du canon, sans parler de la connotation rock’n’roll depuis la mort de Kurt Cobain. Que du bon, je vous dis, que du bon. Allez, faites-vous plaisir : tirez-vous une balle qu’on en parle plus. Pour ceux qui hésitent et qui, par conséquent, m’écoutent encore, je veux bien évoquer quelques raisonnables objections à ce type de suicide. Mais vite fait, j’ai pas qu’ça à foutre. On peut ne pas en mourir. « Aha », me direz-vous. Ce à quoi je répondrai : « Vous êtes d’un puéril. » C’est pourtant une objection de taille, je veux bien le reconnaître. En effet, chez certains gros veinards, la balle se contente de suivre la courbe du crâne et de ressortir de l’autre côté, non sans causer éventuellement au passage quelque irrémédiable dégât un peu partout dans le cerveau. Au pire, t’es un légume. Au mieux, t’as rien et tu peux recommencer. Le problème, c’est qu’il faudra désormais composer avec les psys et les infirmières - c’est pas gagné. J’ai connu un jeune type, quinze ans à l’époque, qui s’en était tiré sans séquelle aucune. Il m’a montré ses cicatrices en me racontant l’acte en lui-même avec cette nonchalance empâtée propre aux consommateurs d’antidépresseurs, anxiolytiques, somnifères et j’en passe. J’ignore s’il a recommencé. J’espère que oui, il était très con. Autre objection possible : on ne se procure pas un revolver comme on va acheter son string de cuir rose. Qu’est-ce que vous voulez que ça m’foute ? Démerdez-vous. On trouve de tout sur le net. Question suivante. Ah, vous craignez de ne pas avoir les couilles de presser la gâchette ? Venant de vous, je n’en attendais pas moins. Croyez-moi, si vous voulez vraiment crever, vous accomplirez ce petit geste. Sinon, et je ne vous le souhaite pas, il faudra vous rendre à l’évidence et reconstruire votre vie. Ce sera long, chiant et difficile. Vous n’y survivrez pas. Bonne chance quand même. Si vous vous sentez l’âme d’un bricolo, faites preuve d’inventivité. Relisez Dix petits nègres, faites un saut à Casto et débrouillez-vous pour que le coup parte quand quelqu’un ouvre une porte, par exemple. Vous pouvez aussi, chichiteux que vous êtes, engager un professionnel pour faire le sale boulot. Je ne peux pas vous aider sur ce plan. Les auteurs de la Zone tiennent à protéger leur anonymat et s’il y a des tueurs parmi eux… enfin, bref. On vous contactera. Pour ce qui est des tarifs, j’les connais pas. Mais c’est cher. C’est toujours cher, ces trucs-là. Alors, excusez-moi, mais s’il faut que vous vous trouviez un putain de boulot de merde à la con pour rémunérer votre bourreau, je ne vois plus trop l’intérêt de s’flinguer. LA PENDAISON : Infiniment plus efficace que la balle dans la tête. On réchappe rarement d’une pendaison si on s’y prend bien. C’est pourquoi le choix de la corde est primordial : il ne faut pas qu’elle craque. J’ai connu un mec qui a essayé de se pendre avec une ceinture. Ben c’est d’la camelote, ces trucs-là. Du caca. Quand on veut crever malin, on s’équipe haut-de-gamme. Arrimez bien la corde. Ne vous extasiez pas béatement devant le pauvre clou recourbé que vous venez de planter dans le placo de votre faux plafond. Si vous voulez que ça marche, faites-le dehors, au pied d’un arbre que vous savez solide, ou n’importe où pourvu qu’il y ait une poutre. C’est pas dans ces apparts modernes tout pourris que vous trouverez de quoi ériger votre potence, putain de perdant. Choisissez un moment tranquille pendant lequel vous savez que personne ne viendra vous déranger. Votre vie affligeante abonde vraisemblablement en moments de ce type, vous n’avez qu’à piocher. Il existe bien entendu de nombreuses variantes à la pendaison, allant de l’asphyxie par noyade ou par absorption de gaz toxiques à la confection de stratagèmes mécaniques à base de cordelettes de nylon, tubes en inox et PVC et divers autres accessoires disponibles à la première quincaillerie du coin. Vous pouvez aussi vous suicider dans votre baignoire, genre je compte jusqu’à trente mille avant de sortir la tête de l’eau. C’est d’un banal… mais pourquoi pas ? Moi, tant que vous arrêtez de me casser les couilles tout me va. LE SAUT DANS LE VIDE : Radical, net, sans bavure. Si vous faites ce choix, j’applaudis des deux mains en remuant la queue. Sautez de haut, de très haut, du plus haut que vous pouvez. Faut surtout pas s’rater, là. C’est pas qu’j’en ai grand chose à foutre, mais si c’est pour finir dans un lit à communiquer en clignant de l’œil, vous ne pourrez pas me dire que je vous ai pas prévenu, ou alors par mesquinerie, sangsue que vous êtes. Du haut d’un immeuble, le résultat est garanti. Comptez toutefois quatre étages, minimum, et n’hésitez pas à plonger, la tête bien en avant. Si vous vous tenez à ces recommandations, vous voilà délicieusement foutu. En plus, si vous faites comme le pékin moyen, vous allez hésiter. Imaginez un peu : un crétin qui chipote à une quinzaine de mètres au-dessus de la piétaille en plein centre-ville, ça finit par attirer un petit public. Un quart d’heure de gloire posthume, c’est toujours ça de pris, hein, parasite ? Pour ceux qui ont le goût du grand air et se la pètent romantiques à deux balles, trouvez-vous une chouette falaise, attendez l’orage, puis récitez du Whitman, du Hugo ou du Jean-Louis Aubert. Vous êtes prêts à vous jeter dans le grand vide, mais je vous suggère néanmoins de viser les rochers. Les experts s’accordent sur le fait que ça fait vachement plus mal. Se jeter sous un train, une rame de métro ou un trente-six tonnes revient à peu près au même. Sauf que ce n’est pas l’impact de la chute mais celle du véhicule qui vous enverra voir de l’autre côté du Styx si j’y suis. Nombreux sont les ratés de cette folle entreprise. Vous risquez en effet de perdre quelques membres et il vous faudra ensuite vous coltiner tout un suivi psycho-médical parfaitement dispensable et ô combien encombrant. Soyez classe : braquez une banque ou une petite vieille et offrez-vous un voyage en ballon. Seul. Ben oui. Jetez-vous du haut d’une cordillère, d’un volcan, que sais-je, soyez grandiose une fois au moins dans votre vie sans substance. L’AUTOPYROMANIE : J’ignore si ce mot existe dans le dico et j’ai la flemme de chercher, mais le concept est vieux comme ta mère : immolez-vous par le feu. Vous prenez une douche rapide au gasoil - c’est moins cher - et vous grattez une allumette. Ah, ça va pas être facile avec tout ce gasoil sur les doigts, crétin de mes deux. Pensez simplement à allumer quelques bougies avant de vous asperger d’essence. Vous mourrez dans d’atroces souffrances. C’est vraiment trop d’la balle. Notez que l’on peut toujours chiader la mise en scène : le coup du parking souterrain par une nuit de pleine lune ne fonctionne qu’au cinéma, espèce de mouton téléphage. Dans le parking - et je le répète, bordel, SOUTERRAIN - on ne voit pas la lune. Et la nuit, tout le monde dort. Super. Un bonhomme transformé en torche vivante et personne autour pour crier : « Hiiiiii ! Au secours, quelqu’un ! Appelez naïne wouane wouane, moi j’ai plus d’forfait. » Un tel manque de panache mériterait que je vous donne l’adresse d’un vrai psy. Enfin, je me montrerai magnanime parce que la Zone me doit du fric et que je comprends l’angoisse de celui pour qui la mort est un projet de vie. Suivez mon conseil : choisissez toujours un lieu public, mais peu fréquenté. Il ne s’agit pas qu’un blaireau bien attentionné vous dissuade au dernier moment alors que vous vous êtes déjà tapé toute la logistique. Assurez-vous aussi de vous tenir suffisamment à l’écart de tout ce qui peut ressembler à un début de foule, histoire de ne pas tremper en plus dans un meurtre à grande échelle. Je suis conscient que la mort se partage autant que le reste, c’est gentil à vous, mais je vous garantis que ces gens-là ne vous ont rien demandé et se croient probablement très heureux dans leur petite vie de peigne-cul. Par ailleurs, de telles initiatives feront l’objet d’un prochain épisode d’ « Il faut se suicider malin » et je refuse de mélanger les torchons et les serviettes sous couvert de sensationnalisme à trois francs six sous. Tenez-vous en à mes conseils et ça aura de la gueule, c’est déjà pas mal. Attention. Ne jouez pas au plus fin et surtout ne vous montrez pas trop gourmand. Songez à ce pauvre vieux punk new yorkais qui, le 8 décembre 1980, alerta la presse de son suicide imminent par le feu. Sûr qu’il attendait la télé et tout. Manque de pot, le lendemain, un certain Mark David Chapman assassinait John Lennon. Ne rêvez pas. Même si vous décidez de vous cramer la gueule, personne ne se souviendra de vous. Bon, c’est fini, j’me casse. Soyez sympa, noyez-vous et fichez-moi la paix.
= commentaires =
|