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Je ne veux pas me taire
Revenue de tout ça je ne veux pas me taire Ou non : je ne peux pas. Il n’y a plus rien à dire, mais seulement gémir Pleurer puis supplier ce qui prendra nom Dieu Ou Maman, ou Quelqu’un Au bout du dernier bout de mon dernier lambeau De ma dernière voix dans ma gorge serrée A mon tout dernier jour. Je ne veux pas me taire Revenue de tout ça je ne veux pas me taire Ou non : je ne peux pas. Il n’y a plus rien à vivre, mais seulement subir Attendre ce qu’il faut pour faire une belle mort Et supportable morte Et d’ici-là rêver au lent paradis lisse Du premier sein battant de chaleur douce et pure Alors que l’on sait bien Que les fœtus sont sales. Je ne veux pas mourir Revenue de tout ça je ne veux pas mourir Ou non : je ne peux pas. Mais puisque l’on sait bien que la vie est en boue Il n’y aurait qu’à partir - mais on a découvert Qu’on vivait en Faiblesse. Faiblesse est mon pays, et je l’habite entière Je suis Faiblesse et porte un pays qui est moi Et Mensonge sa langue. Je ne veux pas mourir Revenue de tout ça je ne veux pas mourir Ou non : je ne peux pas. Je mens et me complais dans ma faiblesse veule Oublieuse d’hier, je mens et je me perds En l’espoir d’autre chose Je m’oublie en l’alcool et les sens et la foi Qu’on a besoin de moi - moi Faiblesse accroupie Alors que je sais bien Que les fœtus sont vils. Il faudrait dire non Elle savait Antigone qu’il faudrait dire non (mais) Faiblesse est mon pays. Je fuis comme on implose. Je ne fuis même pas. Il faudrait s’en aller quand on se voit trop laide Molle vile et salie S’en aller vivre en Blanc comme en pays natal En une marge étale où tout cesse en silence Mais les fœtus sont veules. Il faudrait dire non Elle savait Antigone qu’il faudrait dire non (mais) Faiblesse est mon pays. Soir après soir je vois le chemin parcouru, Quelques pas piétinés dans la boue sans mémoire : Je ne fuis même pas. Faiblesse est mon pays et je l’habite entière Et porte mon pays comme on porte sur soi La tragédie du corps. Je vis comme on avale. Je fuis comme on implose. Il n’y a plus rien à faire et Faiblesse est ma croix. Il n’y a plus qu’à mentir. Je fuis comme on implore. Il n’y a plus rien à dire et Mensonge ma voix. Il n’y a plus qu’à gémir. Je fuis comme on déplore. Redevenue fœtus, la boue pave ma voie. Il n’y a plus qu’à vomir. {ad lib.}
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= chemin == résumé =[ Etonnant mélange de style entre le Glaüx maniéré et surlittéraire, amateur de sonnets punkoïdes, et la 222 teigneuse et semi-autiste. S'ensuit une sorte de comptine glauque, confuse et étrange, chantonnée par une âme en perdition qui se parle à elle-même. Sensation de malaise et d'incompréhension. C'est de la poésie en prose complètement absconse, dur d'adhérer totalement, mais on se prend du dégout, de la souffrance et de la confusion plein la face. ] |