punKpoésie
je veux te tirer les cheveux
mon ange barbare mon amour je veux que tu me frappes et je veux te frapper je veux tirer fort tes cheveux et m'enfoncer dans ta gorge jusqu'à te sentir suffoquer je veux t'instrumentaliser mon bébé mon ange je veux t'instrumentaliser et te faire jouir de ton instrumentalité mon bel ange mon ange-objet (1) c'est l'hiver les putes ont déserté le monument aux morts de l'avenue des vosges (2) c'est le printemps mais j'ai déménagé alors je ne sais pas ce que deviennent les putes du munument aux morts de l'avenue des vosges je me demande si la jalousie ça vient avec le temps j'y pensais en lisant un poème de ben un de ceux ou il raconte que annie annie c'est sa femme que annie a des tas d'amants et lui il a l'air de trouver ça plutôt marrant moi pour l'instant aussi je trouve ça marrant quand anaïs se fait des mecs mais je la ressent cette pointe de jalousie d'abord cette pointe de frustration parce que moi je baise pas ensuite la jalousie parce que elle elle baise et puis le cerveau reprend le dessus sauf quand je suis trop saoul et là je fais la gueule mais heureusement quand je suis saoul je suis tellement à deux à l'heure que personne se rend compte que je fais la gueule ouais pour l'instant le cerveau prend le dessus mais dans quarante ans parce que la jalousie si c'est naturel si l'effort c'est de pas être jaloux à force je vais perdre du tonus et je veux pas finir comme un vieux connard jaloux je veux finir comme un vieux connard libidineux marié à une vieille salope qui a toujours faim ce matin j'ai la gorge remplie de glaires mais remplie ce qui s'appelle remplie quand j'essaie d'avaler ma salive j'ai envie de vomir je crache un peu ça décante un peu et après ça va mieux n'empêche que j'ai encore la gorge bien garnie c'est tout moi ça être malade quinze jours après tout le monde dans ma vie j'ai toujours été en retard c'est comme ça j'ai marché tard j'ai parlé tard j'ai appris a écrire vachement en retard j'ai mis très longtemps à comprendre ce que les profs attendaient de moi je suis même pas sûr d'avoir vraiment compris d'ailleurs pourtant je suis né trop tôt j'aurais même pas du naître en fait j'aurais du être une fausse couche finalement je suis un faux écrivain non je suis même pas un faux écrivain j'écris juste ça pour faire le malin et j'ai pas envie de le supprimer après le retard a continué même dans mon corps mes dents de lait sont tombées trop tard du coup mes dents définitives se sont implantées bizarrement et les cons me traitent de vampire c'est drôle comme pendant vingt ans tous les cons de la terre rient tout de la même chose je me demande si ça veut dire que le rire est universel ou que la connerie est universelle ou que ma gueule fait marrer tout le monde sans distinction mes testicules sont tombés en retard au fond de mes couilles aussi du coup il a fallu opérer j'ai bandé très tard je me suis branlé après tout le monde j'en suis sûr ouais mais ça depuis j'ai bien rattrapé ma première baise c'était à vingt-cinq ans coup de bol c'est la femme de ma vie pour une fois que j'ai de la chance et maintenant j'ai trente ans et je me comporte comme un adolescent à vouloir baiser toutes les copines d'anaïs mais elles évidemment elles préfèrent les mecs de dix ans plus jeunes et sans les dents de traviole bon on peut les comprendre aussi mes premiers boulots d'étudiants c'était vers vingt-cinq ans même le rmi je l'ai un avec six mois de retard quand j'ai quitté anaïs c'est un an après avoir voulu le faire et quand je suis revenu c'est un mois après m'être rendu compte de la connerie de la quitter je suis en retard tout le temps tu vas voir qu'à tous les coups la richesse et la gloire me tomberont dessus après cinquante ans et que j'en aurais plus rien à foutre rien que d'y penser ça me déprime le seul avantage à tout ça c'est qu'avec un peu de chance je mourrais vingt ans après tout le monde et moi je serai où quand ma mère mourra est-ce que je serai en train de manger des pâtes ou bien en train de baiser avec anaïs ou avec une autre fille est-ce que je serai encore avec anaïs d'abord est-ce qu'on s'aimera encore je ne sais pas j'espère bien dans quelle ville on sera quand ma mère mourra aucune idée à qui on devra du pognon cette fois-ci est-ce qu'on l'apprendrâ même son décès en même temps est-ce que ça m'intéresse est-ce que je pleurerai ça m'étonnerait je n'irai pas à son enterrement y aller pour quoi faire voir mon père et ne pas savoir quoi lui dire alors tu deviens quoi maintenant bin tu vois je suis veux et veuf et toi bin tu vois je suis jeune et aimé voir mon oncle et ne pas le reconnaître voir qu'il n'y a personne à l'enterrement de ma mère parce que personne ne l'a aimé voir le corps exposé et ne rien avoir à pleurer écouter le prêtre en pensant au prix du billet en pensant au retour en pensant que les vivants me manquent et les morts pas du tout voir le cercueil descendre et ne rien avoir à dire et rentrer retrouver anaïs conversation pénible alors bin rien t'es triste bin non à quoi tu penses bin j'ai faim j'ai fait des sablés à la cannelle oui chouette il sont encore chauds génial maman j'ai fini maman vient me torcher maman vient essuyer ma merde tu aimes faire ça pas vrai tu aimes bien essuyer ma merde pas vrai tu aimes ça pas vrai je le sais que tu aimes ça je le sais tu aimes ça parce que tu sais que tant que je sais pas me torcher je ne saurais rien tu aimes me torcher parce que tu sais que tant que je ne maîtriserais pas ma propre merde je ne maîtriserais rien de ma vie tu as envie de faire ça toute ta vie pas vrai cinquante ans de merde cinquante ans de soumission frotter mon cul plein de merde et laver mon cerveau en même temps rendre mon cul merdeux tout propre et mon cerveau tout propre maman j'ai fini viens m'essuyer mon cul merdeux maman j'ai fini viens nettoyer mes pensées merdeuses maman j'ai fini viens me montrer que mon cul t'appartient viens me montrer que ma merde est à toi viens me montrer que tu me possèdes viens me nettoyer maman viens me rhabiller maman viens me ranger dans ma chambre le cul tout propre protège-moi maman protège-moi maman protège-moi maman protège-moi maman maman j'ai peur des filles maman j'aimerais baiser maman j'aimerais bien être aimé maman protège-moi maman apprends-moi à plus avoir envie des filles maman protège-moi maman reste avec moi toute ma vie maman s'il te plaît maman protège-moi maman c'est ça que t'aimerais entendre hein C'EST CA QUE T'AIMERAIS ENTENDRE SALOPE protège-moi maman et nous serions heureux et tu serais heureuse SALOPE heureuse de me garder dans ma chambre dans mon petit lit de me faire à manger de me nourrir une cuillérée pour SALOPE une cuillérée pour CONNASSE tu serais heureuse de m'acheter ce qu'il me faut de me faire des gentils cadeaux et tu le sais ce que j'aime et tu le sais ce qui me fait plaisir et ce dont j'ai besoin une maman ça connait tout de son bébé SALOPE tu le sais ce que je pense tout au fond tu la connais mon envie de presser ton cou de faire sauter tes yeux de leurs orbites de dévisser ta tête des épaules tu le sais que je rêve de te voir crever SALOPE tu dois le savoir aussi alors que je te hais maman pourquoi tu m'empêches de voir des films pornos parce que l'amour c'est pas la pornographie c'est ça parce que la pornographie c'est sale et qu'il faut me protéger de ce qui est sale c'est ça hein maman c'est ça mais alors pourquoi papa et toi vous en louez tous les samedis soir au vidéoclub hein maman et pourquoi papa et toi vous baisez pas hein maman explique moi pourquoi maman quand tu es saoule tu me dis que papa il arrive pas à te faire jouir hein maman là je n'ai plus besoin d'être protégé hein maman explique moi maman pourquoi pendant si longtemps tu m'as torché le cul au lieu de me laisser face à ma propre merde la merde c'est sale et je veux protéger mon bébé de tout ce qui est sale la merde ça pue la merde c'est caca et mon bébé n'a pas à supporter ça la rue c'est dangereux tu peux te faire écraser jamais tu sortiras tout seul non jamais et même à l'école je t'accompagnerai si les autres gosses se foutent de ta gueule je te dirai qu'ils sont jaloux parce qu'ils n'ont pas de maman pour les accompagner et moi je te croirai connasse moi je croirai tes mensonges tellement j'aurai le cerveau lavé et toi papa quand je te dirai ça les yeux brillant d'amour pour maman qui est si intelligente toi papa ta réaction ça sera de toussoter toussoter chez toi c'est un peu comme hurler chez les autres ou casser des vitrines hein papa toi t'es pas d'accord alors tu toussotes et moi je suis supposé comprendre connard comprendre dans quel camp tu es et moi jusqu'à dix sept je sortirai pas seul et j'aurai peur des voitures des gens des filles de tout du danger du non danger de tout j'aurai peur de tout connasse parce que tu veux me protéger me protéger de quoi connasse ah oui c'est vrai ton père est mort écrasé par un chauffard bourré ah oui je me souviens maintenant avoir eu pitié de tes larmes l'eau c'est dangereux mon bébé tu peux te noyer le sport c'est dangereux mon bébé tu peux te blesser tu n'iras pas à la piscine mon chéri ne t'inquiète pas je te ferai un mot maman dira que tu es malade tu n'apprendras pas à faire du vélo mon chéri ne t'inquiète pas ni à grimper à la corde ne t'inquiète pas mon chéri maman ne les laissera pas te faire ça bien sûr quand tu seras grand tu ne sauras pas nager et tu auras le vertige quand il faudra changer une ampoule bien sûr quand tu seras grand tu ne sauras rien faire et tu auras peur de tout bien sûr tu seras tellement largué que tu resteras puceau jusqu'à vingt-cinq ans mais c'est pas grave mon bébé le sexe c'est pas pour toi le sexe c'est plein de dangers mon bébé et je veux pas te voir souffrir je préfèrerai mourir plutôt que te voir souffrir mon doux mon joli bébé reste avec maman plutôt moi je t'aime et je te ferais une tarte aux pommes tu aimes ça la tarte aux pommes hein mon bébé hein mon chéri tu veux un verre de chocolat froid avec ta tarte aux pommes mon chéri tu m'entends mon bébé mais qu'est-ce que tu fais mon chéri hein qu'est-ce que tu fais raconte-tout à maman un gentil bébé ça n'a pas de secret pour sa maman ce que je fais ce que je fais connasse je compte les jours voilà ce que je fais voilà ce que je fais connasse je compte les jours avant l'arrivée du danger je compte les jours avant la liberté voilà ce que je fais voilà ce que je fais connasse je compte les jours sale connasse de merde au cerveau pourri par l'amour et l'alcool tu sais quoi connasse moi aussi je bois maintenant je m'y suis mis finalement je bois pour salir mon cerveau que tu as si bien nettoyé je bois et je danse maman je drague et même je baise l'autre soir j'ai slammé maman y'avais personne pour me protéger maman juste des bras entre moi et le sol et j'ai eu peur et c'était bien et je suis pas tombé dimanche à force de faire du stop j'ai froid aux mains les doigts gèlent à travers les gants le vent fait valser le carton on partira pas à lyon en tout cas pas aujourd'hui lundi on vend des dvd pour aller bouffer à flunch on s'engueule en chemin on se réconcilie en chemin faux filet et frites pour nous deux rosette pour nous deux (en entrée) bonne saint valentin mon amour mardi je vais bosser au cybercafé en chemin je vois un canard il fait des efforts terribles pour nager à contre courant en même temps il becte des trucs dans l'eau je reste un moment penché sur le pont à l'observer il rame comme un fou il prend le contre courant pour se rapprocher du bord là il attrape des trucs et l'effort se relache alors il repart à dériver et il recommence je me demande pourquoi il s'acharne comme ça au bout d'un moment sans doute lui aussi parce qu'il cesse de se faire chier et part à dériver sans aucun effort à macdo je suis assis et je mange tranquillement je lis technickart il y a michael youn en couverture mais il est trop tot pour penser quoi que se soit de lui sur mon plateau y'a un brunch un brunch c'est trois mini viennoiseries un chocolat chaud un jus d'orange un yaourt j'aime pas le yaourt deux mini pankakes et un hamburger oeuf bacon je mange je bois je lis y'a une gamine qui s'approche de moi la peau mate la voix cristalline de grands yeux lookée émmaüs elle fait la manche elle me demande du fric j'ai pas de fric en vrai j'ai cinq cent euros mais pas un gramme de monnaie je lui propose mon yaourt j'aime pas le yaourt je suis un peu embarrassé elle le regarde elle attrappe la dosette de sirop d'érable elle la laisse tomber par terre je lui propose encore le yaourt elle en veut pas elle se casse elle va voir des vieux j'ai encore faim je mange pas mon yaourt je le jette avec les déchets il y a des gens qui ont peur sans raison il y en a de plus en plus et les raisons sont de moins en moins concrêtes de plus en plus les gens commencent à admettre que la peur ne dépend d'aucune cause que c'est un monstre autonome qu'il se nourrit de ce qu'il trouve et ne revendique rien de plus en plus on croise ces gens hagards ils marchent lentement dans les rues et ne regardent pas leurs semblables quand on leur adresse la parôle leur corps tressaille et leur visage se fige leurs yeux se vitrent la peur s'empare d’eux à toute embardée cette embardée est la plus petite que se permet l'étroit radeau de leur vie quotidienne ils sont tristes baisent peu et mal leurs vêtements sont étriqués et de couleurs ternes quand ils croient s'amuser ils ne font que perpétuer des codes des conventions dont ils ont perdus le sens ils rient mais leurs rires sont sans joie ils crient mais leur voix est morte ils dansent mais leur corps est lourd le pape se masturbe dans des draps blancs il se masturbe parce qu'il a peur de mourir son éjaculation blanche ne contraste pas beaucoup avec la blancheur du drap le sexe du pape est très frippé le pape est âgé de quatre vingt seize ans le pape n'a jamais connu de femme mais il connais des tas de moyens de jouir le pape n'a jamais connu non plus d'homme le pape n'a connu que lui-même depuis toujours le pape ramène sa main ridée et tâchée de blanc devant ses yeux il ne voit presque plus rien il renifle l'odeur un peu salée de ce qui souille sa main le pape aimerait sourire mais les muscles de son visage sont trop faibles à cette heure-ci le pape est content d'avoir encore une fois niqué la mort il regarde ses testicules secs et son pénis flaccide et ridé il regarde la maigre tâche sur le drap il regarde la lune dehors il se demande si la prochaine fois il pourra dans la tête du type des pensées se déploient dans la tête du type des pensées se déploient dans la tête du type des pensées se déploient des bulles d'air, de gaz rares ou communs, de sang des impulsions électriques et des pulsions de mort des lignes vertes sur un écran noir des rêves en kit et des phrases en trop des rêves en kit et des phrases en trop des rêves en kit et des phrases en trop des muscles morts et des organes froids des seringues intelligentes et robotisées des graphiques virtuels sur des laptops très chers du matériel plus cher que toi du matériel plus difficile à fabriquer que toi plus difficile à entretenir que toi du matériel plus rare et plus précieux que toi du matériel bien plus vivant que toi dans la tête du type des rêves en kit des pensées en trop se déploient dans le froid les yeux rêvent mais ne roulent pas la chimie gère mais ne vit pas des tuyaux dans la bouche mais ils ne parlent pas des rêves se déploient se reploient disparaissent ratatinés noyés sous la chimie des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières et des tunnels et des lumières au rythme artificiel du coeur artificiel des cavernes où l'eau goutte dans l'obscurité des monstres en ombre sur les parois noires des visages tournés vers un visage des mains tendues vers des corps tendus du latex pour recouvrir la peau des lasers pour ouvrir la peau des robots pour recoudre la peau des humains vivants qui regardent et qui parlent et qui comprennent ou ne comprennent pas mais font très bien semblant dans ce cas des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort des pensées en kit éclosent dans le cerveau mort des pensées fanées sont lues par des laptops à vingt-cinq milles euros des pensées fanées sont traduites en lignes brisées des pensées fanées traversent des écrans noirs des pensées fanées sont vertes et sinusoïdales des pensées fanées et saccadées remplisent un laptop à trois tetraoctets des hommes presque en vie sont presque intéressés ils parlent sans se regarder dans les yeux des vivants et dans les yeux des morts les mêmes reflets dans les yeux des vivants et dans les yeux des morts les mêmes lignes vertes qui reflètent les pensées cassées du corps étendu sans parler des rêves commencés ne finiront jamais des rêves commencés ne finiront jamais des rêves commencés ne finiront jamais là, il y a un homme qui en tue un autre. ici, un mendiant réclame un euro pour aller boire un café là, un autre mendiant est embarqué par les flics pour avoir pissé dans la rue, enfin pisser est un bien grand mot : il se compissait sans même avoir ouvert son pantalon, et dans la chaleur de l'été urbain l'odeur gênait les touristes ici, un enfant tente de voler des fleurs pour les offrir à la fille dont il est amoureux ; rien en l'état actuel des choses ne permet de dire s'il va réussir là, un chien renifle la merde déposée un peu plus tôt par un autre chien ici, un homme presque nu (il se cache le sexe avec un magazine) ferme les rideaux devant une fenêtre, on devine la silhouette d'une fille sous les draps, au fond de la pièce là, un policier tient le guidon de sa moto d'une seule main ; de son autre main, armée d’une tonfa, il brise d'un le genou droit d'un homme qui fuyait à pieds ici, un adolescent viole pour la quatrième fois sa sœur là, un adolescent regarde pour la quatrième fois massacre à la tronçonneuse ici, un homme sous l'emprise de l'alcool vomit par la fenêtre, il n'y a personne en bas là, une fleur pousse ; ici, un chien agonise ; là, un enfant meurt brutalement ; ici, une chèvre naît et pousse un cri de chèvre qui naît ; là, un magnétoscope s'éteint ; ici, un incendie s'allume ; là un train déraille au cours d'un trajet sous la pluie ; ici c'est un homme, au cours d'un repas d'affaire très arrosé là, c'est ici ici, c'est maintenant ma mère est dans mes bras sa mère vient de mourir elle ne la verra pas elle ne l'enterrera pas c'est trop loin c'est trop tard elle est triste et moi pas je n'éprouve rien à l'égard de ma grand mère je n'éprouve rien à l'égard de ma mère j'attends simplement que ça se passe j'espère que ça va passer vite j'ai des choses à faire j'ai des gens à voir je sens le poids de sa tête sur mon épaule je sens l'humidité de ses larmes contre ma joue je sens le frottement de ses cheveux contre mon front je sens le poids de son corps relaché contre moi je sens l'odeur de son fond de teint j'entends ses larmes j'entends ses sanglots je ne sais pas quoi faire de mes mains je ne sais pas quoi dire je ne fais rien je ne dis rien je n'éprouve ni empathie ni impatience je ne vois pas sa bouche je ne vois ses yeux le chat est mort entre mes bras d'abord il a eu un problème je ne sais plus trop lequel un genre d'infection des reins il chiait des cailloux je crois c'était un petit chat noir il n'était pas tellement heureux dans la vie il ne faisais pas souvent ce qu'il voulait et il se faisait souvent tabasser il s'est trainé partout en miaulant il cherchait quelque chose peut-être le meilleur endroit pour mourir ou alors il nous cherchait nous le vétérinaire nous avair dit une chance sur deux qu'il s'en sorte pas à cause du choc postopératoire il s'est trainé sous la télé et il a miaulé bizarrement on l'entendait bien malgré le son de la télé je l'ai tenu dans mes bras mes parents autour de moi me paraissaient très grands là et le chat très petit et très léger il a miaulé encore et il est mort d'un coup il est devenu autre chose qu'un chat il est devenu rien du tout un objet quelque chose une chose d'un coup j'ai compris que si je le posais là par terre il ne partirait pas si je le caressais il ne ronronnerait pas il ne ferait plus rien d'un coup j'ai compris il avait les yeux ouverts et la gueule ouverte les dents jaunes et inutiles son visage était figé j'ai pleuré mes parents l'ont mis dans un sac poubelle et on en a plus parlé un type mort dans une rue piétonne des commerçants sont sortis pour voir ça des pompiers s'affairent autour de lui en fait ils ne s'affairent pas tant que ça ils sont plutôt embarrassés comme s'ils étaient là par erreur il y a le type au centre le premier cercle c'est les pompiers ils protègent l'âme du type mort peut-être le deuxième cercle c'est les badauds ils se pressent ils aimeraient entrer dans le premier cercle et toucher le mort et lui prendre quelque chose peut-être le troisième cercle c'est les commerçants qui sortent de leurs boutiques pour voir ce qu'il y a à voir le troisième cercle est le plus relaché on dirait qu'il ne sert à rien mais il empêche le reste de l'univers de pénétrer ici c'est la barrière autour de la tombe peut-être les commerçants regardent les badauds et les pompiers les badauds regardent le corps et les pompiers les pompiers regardent les badauds et les commerçants et le corps ne regarde plus rien un chien mort sur le bord de la route la route file toute droite entre deux rangées de platanes la route relie une petite ville et une autre petite ville des voitures, il n'en passe pas beaucoup généralement, les voitures font quatre trajets un aller le matin pour partir travailler un retour à midi pour rentrer manger un aller à deux heures pour repartir travailler un retour à cinq heures et demi pour rentrer à la maison et c'est fini quelques voitures chaque jour qui passent quatre fois devant le chien mort et combien de conducteurs qui pensent à lui le chien le premier jour est allongé au bord de la route on pourrait croire qu'il dort mais il ne respire pas et il saigne du flanc le deuxième jour les blessures du chien sont un peu desséchées il commence à puer il y a des mouches qui le survolent la voiture qui l’a renversé combien de fois par jour elle passe sur cette route elle passe à quelle heure à quoi pense le conducteur la route toute droite file entre deux platanes et il y a beaucoup de soleil les jours suivants le chien se dessèche son visage s’efface ses yeux disparaissent les insectes se succèdent les voitures passent quatre fois par jour le soleil passe de gauche à droite la nuit des phares l'éclairent mais c'est très rare au bout d'une semaine le chien est sec et pourri le sang est marron les poils sont pourris les insectes rampent sur lui le soleil le réchauffe au bout de deux semaines le chien est tout sec et tout plat on reconnaît surtout les pattes au bout de trois semaines le chien a disparu et voilà et le soleil continue et voilà allez y arrachez la peau des morts d'il y a cinquante ans foutez-vous là sur les yeux cousez-là bien solidement et pleurez laissez les larmes grossir et s'accumuler laissez l'odeur redescendre jusqu'aux narines laissez bien la peau des morts bien cousus sur vos yeux bien vivants et évitez de voir ce qui se passe autour de vous pleurez le sorts des cadavres c'est plus simple que de cracher à la gueule des vivants les cadavres ne répondent pas on peut leur dire ce qu'on veut et nous sommes tous ventriloques aux cadavres on peut aussi leur faire dire ce qu'on veut c'est bien d'avancer masqué dissimulé par des cadavres muets c'est bien d'avancer masqué aveugle et sourd à la vie en deuil pour l'éternité les yeux les oreilles cousues avançons masqués et parlons masturbons-nous sur les cadavres vieux ce cinquante ans aimons-les eux puisque les vivants nous n'en sommes plus capables aimons les morts d'il y a cinquante ans portons leur deuil jusqu'à l'éternité fouettons-nous flagellons-nous marchons en pleurant aveugles et sourds à tout le reste le visage couvert d'un masque de mort la peau des morts cousue sur notre corps avançons masqués c'est ça qu'il faut faire avançons masqués il n'y a que ça à faire ne voyons pas la vie n'écoutons pas la vie ne parlons pas à la vie la vie n'existe pas pour nous nous sommes du côté de la mort nous sommes du côté du deuil nous sommes du bon côté du cadavre il y a des maisons sans serrure et il y a des portes plus protégées que la banque de france il y a des rues où la police ne va pas et il y a des jardins protégés par des armes et des bottes il y a des fleurs mieux protégées que les gens qui les reniflent il y a des ponts mieux protégés que les gens qui dorment dessous il y a des portes mieux protégées que les chiens qui pissent contre il y a des mémoire il y a des consciences il y a des certitudes il y a des principes des idéologies des idées des idéaux tellement tellement protégés que même la mort des neurones n'en viendra pas à bout il y a des cerveaux qui ressemblent à des tombes à des tombes de l'ancien temps des tombes remplies d'esclaves qui vont mourir ensemble qui ne souhaitaient pas ça il y a des consciences qui sont des mausolées et toute pensée y meurt comme une chèvre et autour de tout ça il y a des cadavres des cadavres sous les fleurs des cadavres arrosés par la pisse des chiens des cadavres dans les fondations des maisons des cadavres dans la mémoire et des cadavres dans l'oubli des cadavres anciens et de cadavres récents des cadavres oubliés et de cadavres qui alourdissent la mémoire qui l'alourdissent tellement qu'elle s'effondre qu'elle glisse dans la tombe et rejoint les cadavres la vie est une maison hantée il y a des serrures aux portes dont aucun roi n'aurait rêvé il y a des flics devant le seuil dont aucun tyran n'aurait espéré la force la vie est une maison hantée et nous avons la trouille d'en sortir un jour mon chat a fait une connerie je sais plus bien laquelle j'était petit moi lui aussi il était petit il était petit et noir et il était planqué dans l'angle entre le frigo blanc et la porte marron clair ma mère était accroupie comme un chat prèt à attaquer elle avait sa chaussure à talon haut à la main c'est ce qui la différenciait d'un chat qui attaque l'humain se sert des outils le chat lui je veux dire le vrai chat il n'en menait pas large face à l'énorme salope qui le surclassait de plusieurs dizaines de kilos il savait peut-être qu'il avait fait une connerie en tout cas il savait qu'il fallait se planquer il était hérissé les yeux brillants de terreur ma mère excédée de pas pouvoir le frapper il était quand même bien retranché lui a balancé la chaussure à talon haut en plein gueule joli coup de fusil fiston le chat s'est pris le talon en plein sur la truffe il a saigné il a chié sous lui de peur et il s'est barré il s'est fait choper et ma mère lui a passé l'envie de chier sous lui elle lui a tellement fait passer l'envie qu'il en a chié sous lui de peur ah bon bin oui un jour ma mère crèvera je suppose qu'il serait justice que j'aille ce jour-là chier sur sa tombe quand les anciens rois mourraient il se faisaient enfermer avec leurs serviteurs et leurs animaux et leurs maîtresses et tout le monde crevait ensemble et tout le monde trouvait ça normal maintenant ça ne marche plus pareil les vieux crèvent comme des pauvres cons dans des cliniques remplies de plantes vertes et de connasses qui pensent à autre chose maintenant quand un crève devant nous on détourne les yeux et on planque le corps dans un sac en plastique maintenant voir les gens crever c'est pas autorisé la mort se passe à l'abri de portes fermées à double tour et pour mettre l'ambiance il y a une musique la même qu'on écoute dans les supermarchés avant on fermaient les nécropoles pour éviter que les pilleurs de tombes ne viennent chouraver les tonnes d'or enterrées là avec les chèvres et les épouses maintenant les pauvres types dont la vie se résume à un lecteur dvd acheté cent euros à auchan ont des serrures qui feraient bander le plus riche des pharaons la vie est dure pour les pilleurs de tombes de nos jours hier anaïs revenait du jura elle revenait de chez sa grand mère là bas apparemment ils sont tous un peu tarés ils comprennent pas qu'elle fasse du dessin ils comprennent pas qu'elle porte un chapeau ni un cravate ni un gilet ils comprennent pas qu'elle rote à table ils comprennent pas grand chose mais sa grand mère elle fait des bons gateaux hier anaïs revenait du jura avec son chapeau ses cheveux un peu bouclés sa redingote on marchait côte à côte et on croise un type fucking jew il dit on a pas compris tout de suite et puis ça nous a fait marrer putain c'est vrai qu'elle ressemble à un juif là avec le chapeau les frisotes le manteau et puis ça nous a plus fait marrer le regard de l'autre type fucking jew comme ça sans rigoler au lui aurait bien lancé deux ou trois insultes mais on été occupé à se rouler des pelles fucking jew fucking jew fucking jew je suis juif et je vous emmerde je suis juif même si personne non personne dans ma famille n'est juif fucking bastard je t'emmerde je suis juif et je t'emmerde je te pisse dans la bouche avec ma bite non circonsise ça veut dire que j'essaie de te pisser dans la bouche mais qu'à cause de mon frein à la con je pisse n'importe où et je m'en fous plein les doigts fucking jew c'est ça ouais c'est dommage qu'on ait été occupé à être heureux de vivre sinon t'aurais vu ah ouais ça t'aurais vu fucking connard attend de tomber sur des juifs pas heureux de vivre tu vas voir ce qu'il te mettront tiens tu vas la prendre ta branlée c'est vraiment dommage qu'on ait préféré se rouler des pelles c'est vraiment dommage que je préfère les nichons d'anaïs à toutes ces conneries de juif pas juif fucking pas fucking c'est dommage que je préfère la vie sinon qu'est-ce que je t'aurais mis mes chaussures sentent la pourriture j'ai du sang jusqu'aux genoux et ça n'arrête pas de monter maurice papon estun héros d'ailleurs mon site lui est dédié quand je marche ça fait un bruit tout mou un peu comme si je marchais dans de la terre molle autour de moi c'est rouge sombre j'ai un peu de mal à penser les gémissements m'empêche de fixer mes pensées je marche sur des cadavres aussi loin que je regarde il y en a les cadavres de ceux qui ont ouvert leur gueule pour dire ce qu'ils pensaient les cadavres de ceux qui ont fermé leur gueule de peur de dire ce qu'il pensaient les cadavres des gens trop cons pour penser quoi que se soit les cadavres des flics les cadavres des victimes de flics les cadavres des juifs les cadavres des nazis maurice papon a incarné la justice dans notre beau pays maurice papon a pris des décisions en faveur de la justice maurice papon connaissait bien la justice et l'injustice des cadavres sous mes chaussures des mains mortes qui s'accrochent à mon jean et des gémissements qui s'accrochent à mes pensées je n'éprouve aucune culpabilité je n'ai pas pu tuer tous ces gens pas tout seul c'est pas possible je suis trop jeune après tout et sans doute pas assez fort on a du s'y mettre à plusieurs mais les autres c'était qui je n'éprouve aucune culpabilité simplement de la fatigue oui je suis si fatigué c'est si difficile de marcher dans une boue de cadavres c'est si difficile de penser avec ces gémissements qui n'arrêtent pas vivement que je perde la mémoire vivement l'amnésie leur douleur moi je m'en fous c'est eux qui sont morts c'est pas moi tout ce que je demande c'est penser tout ce que je veux c'est pouvoir marcher tout ce que je veux c'est pouvoir penser ce n'est pas moi je ne vous ai rien fait je n'étais pas là quand vous êtes morts je ne suis pas là alors que vous mourrez je serai ailleurs quand vous continuerez à mourir ce n'est pas moi ce n'est pas moi je ne suis pas là laissez-moi marcher laissez-moi être libre laissez moi penser lachez-moi je ne vous aime pas je n'éprouve aucune compassion juste de l'épuisement vos gémissements m'épuisent votre poids dans ma mémoire m'épuise je veux vous oublier je veux vous oublier ils sont là ils sont tous là tous les policiers tous les militaires toutes les armées elles sont toutes là toutes la pour me protéger je peux plus faire un pas sans être protégé contre moi contre tous les dangers protégé protégé protégé contre les voleurs protégé contre les insulte protégé contre les attaques suicides des avions de ligne protégé contre moi contre mes tendance à l'autodestruction contre mon alcoolisme contre ma toxicomanie contre mon envie de baiser sans capote protégé contre l'univers dangereux et méchant merci les flics merci les militaires merci les gars d'être là ça vous va si bien le vert et le bleu marine c'est si chouette l'odeur de la poudre mélangée à celle des croissants c'est si rassurant de vous voir tabasser à quatre un jeune branleur aux poches pleines de chit heureusement que vous êtes là pour me permettre d'être libre heureusement que vous êtes là pour m'aider à pas gâcher ma liberté heureusement que vous êtes là pour m'empêcher de faire n'importe quoi heureusement que vous êtes là j'ai envie de sortir de chez moi mais j'ose pas trop je sais pas trop ce que je vais trouver dehors j'ai pas envie de me faire attaquer avec tout ce qu'on entends à la radio ça serait con quand même de se faire attaquer juste parce qu'on aime la neige juste parce qu'on aime marcher dans la neige non je préfère rester chez moi j'ai qu'à mater le dvd de fargo dans fargo y'a plein de neige et plein de gens marchent dedans ça fait ce bruit ce bruit vous savez ce truc si caractéristique et impossible à imiter en 5.1 c'est presque parfait ça vaut pas le coup de se faire tuer juste pour retrouver ce plaisir sans importance je regarderai bien au moins la neige tomber à travers la fenêtre mais on sais pas ce qui peut arriver quelqu'un pourrait m'insulter se moquer de mon physique ils sont comme ça les gens ils se moquent du physique des autres ils traitent de sale ceci ou de sale cela et moi ça me fait beaucoup de mal et puis il y a les autres ceux qui veulent me frapper ceux-là ils attendent ils ont toute la journée mais je sortirai pas eux ils peuvent attendre longtemps il peuvent pas non plus venir chez moi je leur ouvrirai pas de toute façon j'ouvre à personne et bientôt je vais voter je sortirai cette fois-là je sortirai armé et protégé la police m'escortera c'est pour protéger la démocratie et je sais bien moi pour qui je vais voter
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= chemin =Thèmes / Divers / Poèmes de merde = résumé =[ C'est cette série de poème enchevêtrés sans ordre précis qui fait exclure Konsstrukt de tous les sites où il les poste, et qui lui attire la haine des intégristes littéraires. C'est interminable, répugnant, stressant ça met mal à l'aise et ça nie tout concept d'art ou de poésie classique. En fait on ne peut que détester totalement, c'est ce qui fait de ce truc un OVNI. C'est pas à lire d'un bloc, ce serait imbuvable, mais à picorer par bouts. ] |